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Rim Mathlouthi une jeune tunisienne passionnée de la permaculture

Rim Mathlouthi une jeune tunisienne passionnée de la permaculture

Passionnée de l’agriculture naturelle et de la permaculture , Rim Mathlouthi, une jeune journaliste tunisienne qui a grandi en France, vient de rejoindre son pays natal et réalise son rêve en devenant présidente de l’Association tunisienne de permaculture (ATP). 
Cette pratique agricole utilise les principes d’écologie et le savoir des sociétés traditionnelles, chez soi, dans des jardins communs ou sur des petites surfaces pour reproduire la diversité, la stabilité et la résilience des écosystèmes naturels, à contrario des méthodes agricoles modernes qui bouleversent les équilibres écologiques et provoquent la dégradation et l’érosion des sols cultivables.
Cette jeune, formée en journalisme qui vivait en France, s’est initiée aux principes de la permaculture dans des associations comme “Colibris” et “Terre et Humanisme”. De retour en Tunisie, il y a 4 ans, elle a rencontré Abdelhamid Amami, co-fondateur de l’Association tunisienne de permaculture qui venait tout juste de voir le jour. Au début, Rim s’engage en tant que bénévole avant d’être nommée présidente de l’ATP en août 2017, en reconnaissance de son engagement.

Dans une interview avec l’agence TAP, Rim Mathlouthi a déclaré qu’elle est en train de « construire un poulailler, le montage d’une serre, la plantation d’arbres et la préparation d’un espace potager. L’objectif étant de jeter les premières bases d’un espace permacole qui devrait permettre, à terme, de couvrir une partie des besoins alimentaires des enfants du centre. Un travail que l’ATP compte, dans un deuxième temps, généraliser aux 23 centres intégrés de jeunesse du pays. »
Rim a expliqué que l’association vise à « mettre l’accent sur la dimension humaine de la permaculture et d’en faire une expérience partagée. L’idée étant d’aller au-delà de la sensibilisation, pour former les gens à la permaculture »
Pour elle, « parier sur la permaculture, c’est revenir à la problématique essentielle : qu’avons-nous dans nos assiettes ? Que mangeons-nous ? Avons-nous vraiment une alternative à ce que nous servent les grands groupes alimentaires, au détriment, parfois, de notre santé et de notre environnement ? »

Selon elle, « la permaculture est dans les gènes de chaque Tunisien. C’est une pratique des plus anciennes, même si l’expression n’est née qu’en 1978, avec les écologistes australiens Bill Mollison et David Holmgren. C’est l’agriculture traditionnelle, l’agriculture oasienne qui était très pratiquée par les agriculteurs tunisiens, mais aussi par des agriculteurs de par le monde. Chaque pays avait, en effet, ses traditions de la culture du sol, jusqu’à ce que les multinationales entrent en jeu et bouleversent la donne, soumettant les agriculteurs à leur diktat et à celui des banques. C’est aussi une manière de récupérer les eaux pluviales, de gérer l’eau, les vents, l’ensoleillement. C’est une façon de vivre ensemble, de prendre soin de la Terre et de l’autre. C’est un partage équitable de l’effort mais aussi des richesses créées.. »

Dans le même contexte, Rim Mathlouthi a annoncé qu’il y aura une caravane de semences qui sera lancée en avril 2018 parce que les semences paysannes se trouvent encore chez des petits paysans. « Nous irons donc à leur rencontre là où ils sont, vérifier l’origine de leurs semences, les identifier, prendre une partie, la multiplier et ensuite redistribuer ces semences gratuitement, aux agriculteurs. L’enjeu consiste, selon elle, à multiplier les variétés de semences disponibles en Tunisie. Certaines de nos variétés sont même menacées de disparition. En 2003, il ne restait plus que 25% des agriculteurs qui travaillent avec des semences paysannes, aujourd’hui ce taux ne dépasse pas les 10%. Le risque c’est la disparition complète de nos semences paysannes.»
Rim Mathlouthi a également indiqué que « les préparatifs pour la prochaine fête des semences qui aura lieu au Kef, fin septembre ou début octobre 2018, sont déjà lancés. Le choix du Kef se justifie par le problème de manque de semences rencontré cette année par les agriculteurs de la région. C’est l’occasion pour nous de les sensibiliser quant à l’opportunité de stopper la monoculture et de renouer avec des pratiques plus durables ».

 

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