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Pourquoi la fièvre aphteuse n’a pas été éradiquée en Tunisie ?

Pourquoi la fièvre aphteuse n’a pas été éradiquée en Tunisie ?

Suite à l’apparition de plusieurs cas de fièvre aphteuse dans plusieurs régions du pays, notamment à Sidi Bouzid récemment, Flehetna a contacté le professeur Rejeb Ahmed, Président du Conseil de  l'Ordre des médecins Vétérinaires de Tunisie pour plus d’informations sur ce sujet. 

Revenant sur la nature de cette maladie, le Président du Conseil de  l'Ordre des Vétérinaires de Tunisie a indiqué que « la fièvre aphteuse est une maladie virale extrêmement contagieuse des mammifères qui peut entrainer des pertes économiques graves et elle touche les artiodactyles (animaux ayant des sabots fourchus). Considérée comme la maladie la plus contagieuse du bétail, elle engendre également des pertes économiques considérables et des restrictions au commerce international des animaux et de leurs produits. Elle affecte tous les artiodactyles, tant domestiques que sauvages et se caractérise par l’apparition de vésicules puis d’ulcères dans la cavité buccale, dans l’espace interdigital et sur le bourrelet coronaire des onglons, ainsi que sur la mamelle et les trayons.  Le cheptel tunisien a déjà été plusieurs fois victime d’épizooties de fièvre aphteuse pour la première fois en 1975, puis la maladie a réapparu dans plusieurs périodes entre 1982 et 1999, avant de frapper plusieurs fois entre 2014 et 2018.»

Sur les modes de contagion, le professeur Rejeb Ahmed a indiqué que « les voies de pénétration sont multiples, il faut néanmoins un contact direct avec les muqueuses digestives, respiratoires, voire oculaires pour assurer la contagion. La contagion indirecte peut être réalisée par les véhicules et aliments contaminés ainsi que par l’Homme ; elle l’est également par le vent qui peut transporter le virus sur plusieurs dizaines de kilomètres. La diffusion du virus dépend du relief, de la vitesse du vent et de l’humidité relative de l’air. »

Interrogé sur la réapparition de la  fièvre aphteuse en Tunisie depuis des années, M.Rajeb a indiqué que « les stratégies de gestion des risques pour la santé visant à contrôler la fièvre aphteuse et à prévenir l’apparition de la maladie comportent plusieurs aspects, à commencer par les réformes législatives et structurelles, de l’octroi des ressources humaines  et matérielles adéquates et suffisantes pour assurer la mise en œuvre de la gestion de la fièvre aphteux visant un objectif progressif de statut sanitaire indemne avec vaccination. Cela dépend également de la cohérence et de la synergie des efforts du gouvernement et du secteur privé. La législation tunisienne devrait être compatible avec les objectifs et les normes internationales. Les services vétérinaires devraient également disposer de l'organisation et de l'autorité, des ressources humaines, de la capacité d'intervenir et de la capacité de mettre en œuvre des plans d'urgence sanitaire et des ressources adéquates pour indemniser les éleveurs atteints par cette maladie qui nécessite des efforts concertés et une collaboration entre les services vétérinaires au niveau international. »

« Toutefois, les éleveurs doivent être partenaires avec les vétérinaires parce qu’ils ont un rôle fondamental dans la surveillance de la maladie dès l’apparition de ses premiers symptômes. Ils doivent être avertis et conscients de l’importance des règles de la biosécurité et de l’importance de signaler les suspicions de maladie le plus tôt possible.  Dans ce sens le conseil de l’ordre des vétérinaires a dressé une série de recommandations pour que la Tunisie puisse éradiquer, définitivement, cette maladie. Il a appelé à réviser le cadre réglementaire nécessaire pour assurer le meilleur fonctionnement des services vétérinaires, et à allouer les ressources nécessaires pour s'acquitter efficacement de leurs tâches. » A-t-il ajouté
Le conseil a également souligné la nécessité de recruter des vétérinaires pour bénéficier de leurs compétences et leurs connaissances dans ce domaine, comme il recommande des partenariats publics-privés qui pourraient soutenir le secteur et élargir son champ d’application. Les autorités sont également appelées à soutenir les éleveurs pour faire face aux difficultés et aux défis de la production et de la productivité et encourager le développement de l'élevage. » A souligné le professeur Rejeb Ahmed.

 

 

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