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Dr Raoudha Gafrej : La situation des barrages  est nettement meilleure, mais les problèmes d’alimentation en eau persisteraient … 

Dr Raoudha Gafrej : La situation des barrages  est nettement meilleure, mais les problèmes d’alimentation en eau persisteraient … 

Les difficultés vécues l’été dernier dans plusieurs régions à cause de la pénurie d'eau ne sont pas près d’être oubliées… L’approche de la saison estivale pourrait susciter l’inquiétude de revivre le même scénario que l'été dernier…  Toutefois, des signaux positifs et rassurants ont commencé à prendre forme sur le terrain notamment suite aux précipitations importantes enregistrées cette année. 

Pour faire le bilan de la situation et de ses perspectives, Flehetna a contacté Dr Raoudha Gafrej, expert ressources en eau et adaptation au changement climatique pour avoir plus de détails sur ce sujet : 


La situation est largement meilleure que celle de l'année dernière

Interrogée sur le niveau de  la disponibilité de l'eau dans les barrages, Dr Raoudha Gafrej a souligné que « la situation est largement meilleure que celle de l'année dernière. En effet le volume d’eau disponible dans les grands barrages au 23 Avril 2019 est de 1823 Millions de m3 alors qu’à la même date de 2018 nous étions à 1051 Millions de m3. Le barrage de Sidi Salem est rempli à hauteur de 98,8% de sa capacité avec un volume disponible de 573 Millions de m3 contre un volume de 187 Millions de m3 à la même période de 2018. Une nette amélioration est également observée dans l’état de remplissage des barrages du centre au niveau essentiellement de Nebhana, Sidi Saad et Rmel. » 

Selon la même source, « les barrages du Nord totalisent 1594 Millions de m3 contre 976 l’année dernière, les barrages du Centre comptent 181 Millions de m3 contre 54 Millions de m3 l’année dernière et ceux du Cap Bon 47 Millions de m3 contre 20 l’année dernière. » 

Les problèmes d’alimentation en eau persisteraient … 

Malgré les indicateurs positifs enregistrés au niveau de barrages, on ne pourrait pas dire nous n’aurons pas de problème d’alimentation en eau cet été car le problème ne se situe pas simplement au niveau de la disponibilité de l’eau dans les barrages mais aussi au niveau de l’infrastructure de l’eau pour le transfert et l’utilisation rationnelle de l’eau qui ne se sont pas améliorées. 

« En effet, le réseau d’interconnexion des barrages et de transfert entre le barrage Sejnane et le canal Medjerda Cap Bon ne permet pas l’utilisation et la valorisation de toute l’eau mobilisée. Ainsi Au moins 450 Millions de m3 de l’extrême Nord ne pourront pas être utilisés. Tel est le cas des eaux des barrages de Sidi El Barrak, Moula, Ziatine, Gamgoum, Zarga et El Meleh qui totalisent un volume de 397 Millions de m3. Aussi les eaux de ces dits barrages n’est utilisée qu’en cas d’indisponibilité d’eau dans le barrage de Sidi Salem dont les eaux sont acheminées gravitairement alors que les eaux de l’extrême nord nécessitent un pompage couteux. L’eau stockée dans le barrage Barbara (63 Millions de m3) ne pourra pas non plus être utilisée compte tenu des problèmes dans la galerie de transfert qui ne sont encore pas résolus. »

« La vétusté des réseaux d’eau aussi bien au niveau de l’eau potable que de l’irrigation font que les pertes dans les réseaux ne font qu’augmenter d’une année à une autre avec les risques certains de coupure d’eau. A titre d’exemple le rendement global des réseaux de la SONEDE a encore chuté en 2017 pour atteindre 70,3% contre 82,1% en 2010. Les pertes dans les réseaux de distribution ont atteint 147 Millions de m3 en 2017 contre 85 Millions de m3 en 2010 », a expliqué Dr Raoudha Gafrej

L’expert a notamment indiqué que « la surexploitation des nappes souterraines observée sur les deux dernières années fragilise davantage l’alimentation en eau potable de certaines zones rurales dont la gestion des réseaux est confiée aux groupements de développement agricoles souvent endettés. Ces deux facteurs relatifs à la vétusté des réseaux et la surexploitation sont les principales causes de la dégradation de la qualité de l’eau de boisson dans certains gouvernorats et les risques sanitaires qui en découlent. Enfin, le retard dans la mise en œuvre de certains projets fera que certaines zones vivront encore cet été la soif. »
 

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