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ALECA : La Tunisie doit miser sur la qualité pour réussir à exporter sur le marché européen

ALECA : La Tunisie doit miser sur la qualité pour réussir à exporter sur le marché européen

« La Tunisie est appelée à avoir une stratégie claire de l’évolution de son agriculture, au demeurant absente jusqu’à présent, pour que ce secteur puisse tirer le meilleur profit d’un accord possible avec l’Union européenne dans le cadre de l’ Accord de libre échange complet et approfondi ALECA », selon Dacian Ciolos l’ancien premier ministre roumain et l’ancien commissaire européen à l’agriculture lors de la table ronde qui vient d’être organisée mardi 10 Avril 2018  par MDI (Mediterranean développement initiative), en collaboration avec le Synagri (Syndicat des agriculteurs de Tunisie) et la Fondation allemande Konrad Adenauer Stiftung.   

M. Dacian Ciolos, pense que  la Tunisie doit impérativement s’engager dans la préparation et la réalisation d’études d’impact sur la société et sur le territoire. L’objectif serait de se pencher sur les questions suivantes: quel modèle d’agriculture doit viser la Tunisie, d’ici 15 ou 20 ans ? Quelles sont les filières et les structures à protéger? Quels types d’assistance financière, faut-il demander pour 5 ou 10 ans? Quels sont les marchés cibles pour les produits tunisiens?

Pour sa part, le président de MDI, Ghazi Ben Ahmed, a affirmé la nécessité de lancer un débat constructif et scientifique sur cette question afin de réformer l’agriculture tunisienne. Dans le même contexte, le président du Synagri, Karim Daoud, a noté que ce secteur a besoin de se moderniser. Il a rappelé qu’ « un round des négociations de l’ALECA est déjà passé, alors qu’on ne s’est pas encore, mis au travail », d’où la nécessité de travailler ensemble (gouvernement et structures professionnelles), pour bien préparer ces négociations. Il a affirmé que ce dossier nécessite du « courage et de l’audace de la part des politiques » mettant l’accent sur l’importance d’associer les professionnels au processus de négociation, de leur donner une information correcte et de sensibiliser les petits agriculteurs à ce sujet. Il a, enfin, exprimé le souhait de voir l’agriculture tunisienne bénéficier des mêmes avantages et du même soutien technique et financier consenti par l’UE, au profit des pays de l’Europe de l’Est.    

Le directeur général au ministère de l’agriculture, Abdelhamid Gasmi a rappelé que ce débat sur l’ALECA se tiendra dans quelques jours, dans le cadre du 2eme round prévu du 24 au 26 avril à Tunis. Le débat sera focalisé sur les paramètres de négociation, l’asymétrie et de la progressivité, les barrières tarifaires et non tarifaires et des aspects sanitaires et phytosanitaires. 
M Gasmi a également noté que « la Tunisie a demandé et demande toujours des mesures d’accompagnement” estimant que la phase transitoire doit durer plus de 10 ans ».Il a souligné que « les accords précédents avec l’UE  se confrontaient à des problèmes liés à la difficulté de réaliser certains quotas prévus, à l’exception de l’huile d’olive et des sardines. Les raisons étant la variabilité de la production agricole, un calendrier contraignant, et à des prix d’entrée élevés au marché européen, par rapport à d’autres concurrents, dans des secteurs tels que les fleurs coupées et les oranges fraîches dont la quantité exportée n’a jamais dépassé les 43% du quota »

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